COURS ELEVES TERMINALE L/ES EXERCICES + TRACE ECRITE : L'AFRIQUE LES DEFIS DU DEVELOPPEMENT

L’ AFRIQUE : LES DEFIS DU DEVELOPPEMENT

MANUEL UTILISE : HACHETTE EDUCATION Edition 2012

Quelles sont les réalités du développement actuel de l’Afrique et de son intégration à la mondialisation ? Quels défis lui reste-t-il à relever ?

I / EDC : LE SAHARA : RESSOURCES, CONFLITS

Quels sont les enjeux économiques et géopolitiques contemporains de l’ensemble saharien ?

A / UN ESPACE ENTRE CONTRAINTES ET RICHESSES

Quelles sont les contraintes et les ressources de l’ espace saharien ? Sont-elles moteur du développement ?

DOCS 1 + 2 + 3 + 5 p 276-277 + DOC 14 p 281 / CONSIGNES 1 + 2

CONSIGNE 1 / Après avoir montré les contraintes du milieu saharien et les conséquences sur le peuplement, vous présenterez les principales ressources du Sahara.

CONSIGNE 2 / Montrez que l’exploitation des ressources énergétiques n’impulse pas réellement un développement pour les populations sahariennes.

-Le Sahara («désert» en arabe) est le plus grand désert chaud du Monde : 8,5 millions de km2 et peuplé d'environ 7 millions d'habitants (vallée du Nil exclue). Il s'étend de l'Atlantique à la mer Rouge et borde les côtes méditerranéennes au Nord et les steppes sahéliennes au Sud. Il forme un espace d’environ 2000 Kms de large sur plus de 5000 Kms de long.

- Les contraintes climatiques sont importantes et rendent cet espace inhospitalier : précipitations très faibles (inférieur à 100 mm par an) ; températures très élevées le jour (> 58°C) et très froides la nuit (-11°C), absence de réseau hydrographique (un seul fleuve, le Nil). De nombreux oasis dissipent l’impression d’aridité.

- Le Sahara est peu peuplé : les densités de population sont très faibles (inférieure à 1.5 hab/km2, excepté le long de la vallée du Nil et dans quelques oasis. Les populations sédentaires et les peuples nomades (Touaregs/ Toubous) cohabitent. 90 % des habitants vivent en ville. Les principales villes des pays sahariens sont situées soit sur le littoral pour les pays d'Afrique du Nord (Alger, Tripoli, Casablanca...), soit plus au Sud dans les régions tropicales (Bamako...). La population urbaine augmente (Tamanrasset en Algérie : 3 000 habitants en 1962, plus de 100 000 aujourd'hui) lié à l'exploitation des ressources du sous-sol.

- Le Sahara est un espace très riche en ressources naturelles :

hydrocarbures (pétrole et gaz), les principaux gisements étant en Algérie, en Libye, en Égypte et au Soudan ;

nappes aquifères fossiles profondes (=>Grande Rivière artificielle en Libye aux dépens du Soudan du Nord, de l’Egypte et du Tchad ) ;

ressources minières : phosphate au Maroc et en Mauritanie, uranium au Niger.

ressource touristique de plus en plus recherchée par les Occidentaux, mais de plus en plus contrariée par l’insécurité         

- L’exploitation des ressources énergétiques n’impulse pas le développement. La pauvreté est persistante (ex : au Mali, au Tchad plus de 50% de la population vit avec moins de 1.25 $/jour). Au Tchad, plus de 50% de la population est sous alimentée.

B / UN ENSEMBLE GEOPOLITIQUE FRACTIONNÉ SOUS TENSIONS

En quoi le Sahara est-il un espace géopolitique fractionné ? Quelles en sont les conséquences ?

DOC 1 p 277 + DOCS 6 + 8 + 10 p 278-279 + DOC 11 p 280 / CONSIGNES 3 + 4

CONSIGNE 3 / Après avoir présenté les facteurs de tensions, vous montrerez en quoi le Sahara est une zone d’instabilité et d’insécurité. Donnez des exemples précis.

CONSIGNE 4 / Après avoir montrez comment les grandes puissances internationales interviennent au Sahara, vous en donnerez les raisons.

-Le Sahara est un espace très morcelé en une dizaine d’ États indépendants. Le découpage frontalier est hérité de la période coloniale (ottomane et européenne) qui n’a pas tenu compte des identités territoriales (les Toubous à l’Est à cheval sur 4 Etats= Libye/Niger/Tchad/Algérie ; les Touaregs au centre =Algérie/Mali/Niger ; les Regueibat à l’Ouest = Mauritanie/Maroc/Algérie).

- Ce découpage et la volonté de contrôle des ressources sahariennes sont à l’origine de contestations et de conflits interétatiques et intraétatiques : ex :

revendications D’UNE FÉDÉRATION TOUAREG avec volonté de disposer des ressources

statut du SAHARA OCCIDENTAL (=Etat non reconnu = territoire riche en phosphates au sud du Maroc et intégré à celui-ci de force => développement d'un mouvement de résistance à l'occupation marocaine, le Front Polisario)

BANDE D’AOUZOU contestée entre la Lybie et le Tchad

Au Soudan …

- Le fractionnement du territoire, les tensions interétatiques et la faiblesse des Etats rendent les territoires sahariens difficilement contrôlables et propice à l’installation :

de groupes terroristes (comme le groupe AL-AQMI (affilié à Al-Qaïda) qui multiplie les actions violentes depuis 2007

et de trafiquants de drogue.

=>Le Sahara est une zone d’insécurité, notamment dans ses marges du Sud (le Sahel) : ex : enlèvements d’occidentaux.

-La situation est devenue encore plus instable à la suite de la mort du dictateur libyen Mouammar Kadhafi en 2011 lors du « Printemps arabe». De nombreux acteurs non-étatiques islamistes ou indépendantistes (Touaregs) ont profité de la situation pour s’approvisionner en armes à partir de la Libye. Ces armes alimentent trafiquants, ravisseurs et terroristes. Ainsi en janvier 2012, la rébellion touareg au Nord du Mali (= réclamant l’autonomie de l’AZAWAD =territoire Touareg) a conquis les postes militaires maliens avec le soutien d’Aqmi / En avril, après un coup d’Etat militaire à Bamako, le Mali est séparé en 2 territoires : au Nord, il est contrôlé par les rebelles Touaregs et Aqmi ; le Sud est contrôlé par l’armée malienne. Les acteurs sont aussi extérieurs : intervention de la France depuis 2013 pour aider l’Etat malien à se maintenir face aux opposants Touaregs (MNLA) ou islamistes du Nord (objectif français = éviter que le conflit ne s’étende au Niger afin de protéger l’approvisionnement en uranium de la France par Areva).

=> Les Etats sont incapables de mettre en place une coopération pour assurer la sécurité. L'Agence européenne pour la gestion de la coopération opérationnelle aux frontières extérieures de l’ UE (= FRONTEX = Frontières extérieures) assure la sécurité aux frontières extérieures.

C / UN ESPACE CONVOITÉ, DES ACTEURS EN COMPETITION

Quelles sont les conséquences du potentiel économique et du fractionnement politique du Sahara ?

DOC 5 p 277 + DOCS 11 + 12 + 15 p 280-281 + DOCS 6 + 7 p 278-279 / CONSIGNE 5

CONSIGNE 5 / Après avoir présenté les différents types d’acteurs qui profitent de l’exploitation des ressources sahariennes, vous montrerez en quoi certains territoires sahariens sont en voie d’intégration à la mondialisation.

-Le Sahara est un espace convoité pour ses ressources. Il se trouve ainsi au cœur d’enjeux économiques et stratégiques opposant différents types d’acteurs :

Mainmise des Etats riverains

FTN étrangères = Exxon, BP, Total... Areva au Niger (uranium), concurrence des FTN des puissances émergentes (China National Petroleum Corporation)

Peuples autochtones

Terroristes

Trafiquants…

-Les Etats tentent d’intégrer leurs marges sahariennes en créant des infrastructures (voies ferrées (ex: reliant la ville d’Hassi Messaoud (= pétrole) à Alger), routes, aéroports, pipelines (ex: le Trans-Sahara pipeline reliant Hassi R’Mel en Algérie à Warri au Nigéria).

-L’intégration régionale est renforcée par les nombreux flux favorisés par les contrastes de développement entre les Etats du Nord et ceux du Sud :

Flux de marchandises : flux licites (biens alimentaires et manufacturés) ou clandestins (trafic d’armes, drogues = 15% du commerce mondial de la drogue transite par le Sahara).

Flux de personnes : migrations internes et migrations d’Afrique subsaharienne vers l’Europe

CL : La découverte au milieu du XXème siècle des ressources abondantes du sous-sol saharien, puis aujourd'hui la concurrence entre puissances occidentales et puissances émergentes dans l'accès aux sources d'énergie et aux matières premières expliquent l'intérêt et les convoitises que suscite cet espace longtemps délaissé. Proche de l'Europe tout en étant isolé, difficile à contrôler, il devient un sanctuaire pour les organisations terroristes. L’insécurité endémique et la mal gouvernance empêche tout développement raisonné.

II / LE CONTINENT AFRICAIN FACE AU DÉVELOPPEMENT ET À LA MONDIALISATION

Quelle est la situation des territoires africains vis-à-vis du développement et de l’intégration à la mondialisation ?

A / UNE AFRIQUE EN MARGE DU DÉVELOPPEMENT ET DE LA MONDIALISATION ?

Quels sont les leviers et les obstacles au développement et à l’intégration du continent africain ?

1-      Un continent marqué par la pauvreté, l’insécurité et un inégal développement  

CARTE 2 p 285 : Q1 + 2 + 3

L’Afrique compte plus d'un milliard d'habitants. La pauvreté est très importante : selon l’ONU, dans de nombreux pays, plus de 50% de la population vit avec moins de 1$/jour (Mali, Niger, Tanzanie…). Le niveau de développement africain est l’ un des plus faibles du monde (=IDH moyen 0.52 # moyenne mondiale 0.75). Selon le PNUD, 60% de la population africaine vivant en zone urbaine habitent dans un quartier insalubre. L'insécurité alimentaire concerne tous les pays. Selon la FAO, en 2010, la malnutrition touche environ 230 millions de personnes et les émeutes de la faim sont récurrentes.

- La population est la plus jeune du monde : 41% des habitants d’Afrique Subsaharienne ont moins de 15 ans, 31% en Afrique du Nord=> L’accès à l’école n’est pas assuré et le chômage est très élevé. Le nombre d’adultes analphabètes est de 160 Millions selon l’UNESCO.

- Le taux de mortalité infantile est un des plus élevé au monde (68%), l’espérance de vie est faible (57ans # moyenne mondiale = plus de 68 ans), le nombre de séropositifs est de 23 Millions sur 34 Millions dans le monde, le paludisme persiste et les risques sanitaires sont nombreux.

-Les Etats sont le plus souvent très endettés depuis la décolonisation. Malgré les PAS (=Plans d’Ajustement Structurels) imposés dans les années 1980 par le FMI et la Banque Mondiale, de nombreux Etats sont en faillite et gangrénés par la corruption. (Q2) L’instabilité politique crée une forte insécurité pour les populations : le nombre de populations déplacées et réfugiées est très élevé (11 Millions sur 37 Millions dans le monde).

-Les situations sont extrêmement diverses selon les pays. L’IDH moyen de l’Afrique subsaharienne est de 0.47 en 2012 selon le PNUD. L’Afrique subsaharienne compte 37 PMA sur les 46 dans le monde. Au Mali, l’IDH est de 0.37.

Les Etats du Maghreb–Machreck au Nord ont un IDH assez élevé (0.57 à O.76) et ceux du Sud du continent (Afrique du Sud, Botswana, Namibie) ont un IDH moyen de 0.5 à 0.57. Certains Etats, comme l’Afrique du Sud, le Nigeria, l'Algérie, le Maroc, l'Égypte ont été qualifiés de « LIONS AFRICAINS» (= en référence aux « Tigres asiatiques ») en 2010 par le cabinet étatsunien McKinsey. Ils constituent des pôles moteurs de la croissance économique et réalisent plus de 50% du PIB du continent.

2-      L’Afrique, une périphérie de la mondialisation

-L’Afrique est un continent inséré dans les circuits de l’économie mondiale dès les premières colonisations au XVIIème et XVIIIème siècle (traites négrières). Mais elle ne pèse actuellement que pour 3% des échanges mondiaux de marchandises, principalement avec les pays européens, les Etats-Unis et la Chine.

-Mais de très nombreux flux économiques illégaux échappent à ces statistiques : diamants, contrefaçons, drogues, armes, cigarettes de contrebande, enfants et femmes prostitués… Une part importante de L’ÉCONOMIE AFRICAINE EST INFORMELLE (= activité non déclarée échappant à l’impôt). La faiblesse des Etats (=endettement, faillite) favorise ces trafics et une importante corruption.

3- Pourtant, un potentiel pour une intégration renforcée

CARTE 1 p 290 : Q1 + DOC 3 p 293

-L’Afrique est un continent en réserve :

ressources minières (=1/3 des réserves) = fer, diamants (57%), uranium, or (22%),

ressources énergétiques = pétrole (12%), gaz, potentiel hydroélectrique (10%),

le 2ème massif forestier du monde,

60 % des réserves de terres cultivables.

=>Les Etats sont intégrés aux échanges grâce à l’exportation de ces richesses du sous-sol et grâce aux cultures d’exportation (cacao, coton, café). Ces ressources sont un atout pour le développement du continent. Mais leurs richesses ne favorisent pas toujours le développement : ex : le Nigeria et l'Angola bénéficient de « l’or noir», mais la redistribution de la richesse ne se fait pas = ÉCONOMIE DE RENTE (= économie dépendant d’exportations de produits peu transformés qui n’a pas d’effet sur le développement)..

-Depuis les années 2000, l’Afrique est devenue attractive : elle attire les IDE (x2 entre 2000 et 2010), notamment en provenance des BRICS (surtout Chine et Inde). Les exportations progressent et la croissance est de de retour dans certains Etats.

-Le renouveau politique est engagé : les dettes des Etats ont été effacées ou réduites par la communauté internationale, le printemps arabe a balayé les autocrates, les réformes de décentralisation ont multiplié les acteurs locaux, les associations, les ONG, les nouvelles élites. Mais la démocratie tarde à s’installer. La violence et la guerre demeurent des moyens de conquête du pouvoir (Somalie, Mali).

=> L’«afro-pessimisme» de la fin du XXème siècle laisse cependant la place à l’ «afro-optimisme».

B / UNE AFRIQUE EN VOIE D’INTEGRATION A LA MONDIALISATION

Peut-on parler de décollage ? Pour quels territoires ?

1-      Des signes de décollage économique et d’intégration ?

CARTE 1 p 290 : Q 2

-L’Afrique semble être devenue depuis une dizaine d’année la « nouvelle frontière de la mondialisation». Elle connaît une forte croissance économique (5% en moyenne ). Le PIB/Hab a progressé de 4%/an. L’IDH de l’Afrique Subsaharienne est passé de 0.36 à 0.47 entre 1980 et 2013. La croissance favorise l’émergence d’une classe moyenne urbaine : 100 Millions de personnes qui ont adopté des modes de consommation mondialisés.

-Les IDE affluent d’Europe, d’Amérique (Etats-Unis, Brésil) et de plus en plus d’Asie (Inde et surtout la Chine. Ces Etats ont besoin de matières premières mais aussi de terres agricoles : le LAND GRABBING (= achat de terres agricoles par des sociétés privées ou publiques dans des pays étrangers, souvent des pays pauvres) : ex : à Madagascar, la Chine a acquis des milliers d’hectares de terres agricoles. Les IDE chinois ou indiens transforment certains pays comme l’Ethiopie en pays ateliers (=usines textiles). Les FTN chinoises contrôlent 60% du BTP.

-L’Afrique est un continent qui s’ouvre au monde. Les infrastructures étant loin d'être suffisantes, de grands projets sont en cours ou ont été élaborés : nouveaux ports en eau profonde (Djibouti), extension de ports existants (Pointe-Noire au Congo, Abidjan en Côte d'Ivoire) ; lignes de TGV ( Maroc) ; corridors de circulation autoroutiers (golfe de Guinée), nouveaux oléoducs-gazoducs...

-Le désenclavement est aussi numérique. L’Afrique a connu une progression importante de la téléphonie mobile : 60% de la population posséderait un téléphone portable en 2013 en Afrique Subsaharienne. Malgré l’insuffisance des infrastructures, les internautes sont passés d’environ 8 Millions en 2001 à 167 Millions en 2011. Les câbles sous-marins haut débit améliorent l'accès des villes côtières. Les grandes sociétés étrangères se partagent le marché. Cette connectivité permet de resserrer les liens avec les africains de la diaspora et de faciliter les transferts d’argent au pays.

2-Mais une inégale intégration des territoires africains dans la mondialisation

CARTE 2 p 291 : Q1 + 2 + 3

-Certains territoires sont bien intégrés à la mondialisation :

L’Afrique du Sud : une puissance émergente, un BRICS, la première puissance du continent (25% du PIB).

Des puissances régionales en devenir comme le Nigéria, l’Egypte. Ex : L’économie nigériane est dominée par le secteur des hydrocarbures ; ses réserves lui garantissent une attractivité forte auprès des investisseurs.

Les Etats du Maghreb : les économies sont dépendantes de «rentes» : hydrocarbures (Algérie), mines (Mauritanie) , tourisme (Maroc, Tunisie), remises des travailleurs expatriés. Les pays du Maghreb s'industrialisent : ils bénéficient de la proximité de l'Europe.

Des espaces privilégiés : les Métropoles et les façades maritimes avec quelques grands ports comme Durban (Af du Sud), Damiette/Port Said (Egypte), Tanger (Maroc) et hubs aéroportuaires internationaux Le Caire, Johannesbourg).

-Un grand nombre de territoires restent peu intégrés et sont en marge de la mondialisation :

Les PMA sont confrontés à d’importantes difficultés de développement. Leurs économies sont fondées sur la rente agricole (Côte d’Ivoire, Sénégal…), minière (RDC, Sierra Leone, Guinée…) ou pétrolière ( Soudan du Sud). Ils sont affaiblis par la dépendance alimentaire, les variations des cours des matières premières et les conflits inter ou intra-étatiques.

Les PMA enclavés, mal connectés à la mondialisation, très pauvres : Burkina Faso, Mali, Tchad…

Les zones grises : les principales zones de conflits et de crises alimentaires

CROQUIS (I + II) : Le continent africain : contrastes de développement et inégale intégration dans la mondialisation

A l’aide des informations du cours et des CARTES 1 + 2 p 290-291 

C / LES DÉFIS DU DEVELOPPEMENT AFRICAIN

A quels défis le continent africain est-il confronté pour se développer ?

1-      Faire face à la croissance des populations

-Avec plus de 1 milliard de personnes, l'Afrique est le 2ème continent le plus peuplé derrière l'Asie. L’Afrique connaît une croissance démographique importante : sa population a été multipliée par 5 de 1950 à 2010. D’après les projections, elle devrait atteindre 2 à 2.3 Milliards en 2050 dont 1.8 Milliard en Afrique Subsaharienne.

-L'éducation est un enjeu majeur. En Afrique subsaharienne, de nombreux étudiants (=1 sur 16 ) partent faire leurs études à l'étranger => Cette fuite des cerveaux (Brain Drain) handicape le développement.

-Les mobilités se multiplient et sont difficiles à contrôler. Aux migrations forcées des réfugiés s'ajoutent les déplacements économiques qui se sont accélérés : ex : entre le Sud et le Nord du Sahara ; de l'Afrique centrale vers l'Afrique du Sud.

-L'Afrique s'urbanise à un rythme exceptionnellement rapide : le nombre de citadins a été multiplié par 13 en 60 ans. De gigantesques mégapoles se développent. Cet essor urbain entraîne un étalement urbain considérable qui entraîne la multiplication des bidonvilles, de grandes difficultés pour le développement des infrastructures : réseaux d'eau potable, d'égouts, d'électricité, de transports souvent insuffisants.

2- Nourrir les Hommes, le défi environnemental

-Pour faire face à la croissance de la population et à l’augmentation de la demande, les agricultures africaines ont évolué : extension des surfaces cultivées, essor du VIVRIER MARCHAND (= Cultures vivrières destinées à approvisionner les villes), introduction de variétés à haut rendement (OGM). Mais les progrès réalisés sont toujours sous la menace des conflits et de la sécheresse. Ils sont également confrontés à un contexte défavorable : mauvais état des routes, problèmes de stockage, concurrence des cultures d’exportation, dumping des pays riches sur les céréales...

-L’Agriculture exportatrice et l’utilisation d’OGM a entraîné une dégradation des sols, une déforestation importante et une désertification au Sahel. La pêche industrielle a considérablement réduit les ressources. Certains pays d'Afrique centrale ont pris des mesures : création de parcs nationaux et mise en place de règles d'exploitation des forêts plus strictes ; au Sahel, la « désertification» n'apparaît plus irréversible avec le projet de réalisation d’une grande muraille verte.

-Les conséquences du réchauffement climatique sont également préoccupantes : les villes côtières du Golfe de Guinée (Abidjan, Lagos) sont exposées à de graves risques d'inondation.

3- Les défis de la croissance et du développement humain

-Les économies de rente, peu industrialisantes, restent prédominantes. Elles ont créé une dépendance économique et financière des Etats à l’égard des cours mondiaux (café, cacao en Côte d’Ivoire)=> Il faudrait favoriser l’économie de production et promouvoir un développement adapté aux sociétés africaines.

-En 2005, si le G8 a effacé les dettes de 14 Etats, ces derniers continuent de contracter des prêts : comment impulser un développement sans mettre en valeur son territoire (=infrastructures, sécurité) et sa population (alimentation, éducation, santé, formation), donc sans investir ?

4- Les défis politiques et d’intégration régionale

-L’Afrique doit accentuer ses progrès en termes de gouvernance et de démocratisation. L'Union africaine, créée en 2002, demeure un forum politique : elle est structurée autour d’un Conseil de Paix et de Sécurité qui réunit tous les Etats africains (sauf le Maroc qui refuse de reconnaître l’existence d’un Etat sahraoui). Elle a résolu de nombreux conflits. Mais l’évolution des « révolutions arabes» démontre que la poussée démocratique demeure fragile. Des dictatures subsistent (Zimbabwe) et la vie politique africaine reste assez peu démocratique (élections truquées, gouvernements corrompus).

-Face à la compétitivité dans le cadre de la mondialisation, l’Afrique reste trop divisée => Les Etats doivent développer des organisations régionales efficaces pour répondre à leur faiblesse économique et à l'insuffisance de leur marché intérieur. Mais les plus importantes, comme la SADC (Communauté de Développement de l’Afrique Australe) ont peu d’effets intégrateurs.

CL : L'Afrique, à l'échelle de la planète, reste le continent le plus pauvre et le plus vulnérable. Des signes encourageants de décollage apparaissent avec une croissance économique certaine et une plus grande insertion du continent dans la mondialisation. Mais le continent est de plus en plus différencié spatialement et les défis à surmonter restent nombreux.

CROQUIS à TERMINER (III) : Le continent africain : contrastes de développement et inégale intégration dans la mondialisation

A l’aide des informations du cours et des CARTES 1 + 2 p 290-291 

© 2017 Site pédagogique - Académie de Mayotte